Chapitre II

AU COMMENCEMENT, DIEU CREA LE CIEL ET LA TERRE

 

2.1. Achetez une revue spécialisée dans les énigmes, choisissez un rébus et ensuite apprenons ensemble à déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens, l’hébreu et … le Copte, qui est la langue de Moïse.

Le Secrétaire : nous avons jusqu’ici parlé du thème général de la Création de l’univers du point de vue de la science et de la … Sagesse.
Il s’agit maintenant d’entrer dans le vif de la Genèse, en commençant par mieux connaître la manière de parler de Crombette à propos du premier verset : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre… »
Le but de la vie de Crombette et de son travail peut se résumer en peu de mots : démontrer que la Bible – correctement traduite – n’est pas un mythe, mais cache dans ses dires, de profondes vérités scientifiques, parce que si elle est Parole de Dieu, Dieu ne peut pas s’être trompé en la donnant, mais bien plutôt les hommes – même de bonne foi – qui se sont en quelque sorte trompés en l’interprétant.
Je prierai donc Monsieur Crombette, dont je vous annonce l’intervention, de nous illustrer non pas les détails techniques de ses traductions, qui sont facilement accessibles dans les livres de son site Internet, mais plutôt les idées qui sortent de ses traductions du texte hébraïque ancien, à travers le copte.
Il faut rappeler que c’est à partir du texte hébreu d’y il a environ 2000 ans qu’on a tiré les traductions en grec et ensuite en latin, et actuellement celles que nous avons en langues modernes. Cela dit, l’hébreu se lit de droite à gauche. On pourrait s’étonner, comme cela m’est arrivé, de voir comment un verset de la Genèse, qui comprend peu de signes, se transforme – dans la traduction de Crombette – en un texte de quelques lignes.
Il faut alors bien comprendre le mécanisme logico-intuitif qui amène à la solution des “déchiffrements” faits par F.Crombette. Prenons un exemple approximatif, un peu comme cela se passe dans les rébus où – comme le savent bien les amateurs d’énigmes – c’est l’interprétation de chaque signe, image ou action, et leur lien logico-intuitif dans le contexte général, qui  livre la clef explicative finale.
Vous n’êtes pas expert en énigmes !? Alors essayez de le devenir en déchiffrant l’image suivante.

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Je vois déjà votre mine dubitative !
Commencez par ignorer les lettres voisines des dessins sur l’image et fixez seulement votre attention sur les dessins. Vous y voyez une jeune fille sur une plage regardant la mer, un jeune homme qui, derrière un muret,  regarde dans des jumelles, un garçon tenant un verre, une table de pique-nique préparée pour deux personnes, deux messieurs plus âgés regardant cette table.
Les dessins (qui en hiéroglyphes correspondent à des images-réalités symboliques) donnent un sens à l’action du cadre général en fonction de leur signification. Mais encore, selon la manière d’assembler ces dessins-images par celui qui interprète.
Une des interprétations de cet ensemble pourrait ainsi être la suivante :
Deux anciens ont préparé pour eux-mêmes à la plage une table de pique-nique pendant qu’un garçon amène une verre de bière à un jeune homme qui, caché derrière un muret, épie  au travers de ses jumelles une jeune fille qui, l’ignorant, admire le spectacle de la mer alors que le vent, soulevant sa jupe, découvre ses jambettes

Nous pourrions toutefois également y voir l’interprétation suivante :
Un jeune homme et une jeune fille ont préparé pour eux-mêmes sur une plage une table de pique-nique que deux anciens reluquent pendant que la jeune fille admire le spectacle de la mer et que le jeune homme – auquel le garçon amène le verre – observe à travers ses jumelles l’horizon marin

Laquelle de ces deux versions est la plus authentique ?
L’authentique sera celle qui est la plus liée de façon cohérente au contexte général de ce puzzle dans lequel les divers dessins-images ne constituent seulement que des éléments.
L’habilité du “déchiffreur” – comme celle des experts es-énigmes – deviendra évidente en fonction de la sagacité subtile grâce à laquelle il aura pu donner l’explication la plus cohérente de ce cadre.
C’est donc la capacité logico-intuitive qui doit parvenir à faire comprendre laquelle des deux interprétations est la bonne, à moins qu’elles soient vraies toutes deux, comme cela arrive souvent avec les hiéroglyphes égyptiens qui pouvaient prendre plusieurs significations comme expliqué dans notre introduction.
Les scribes égyptiens avaient acquis cette capacité de composer et/ou d’interpréter après de nombreuses années de courageuses études, mais Fernand Crombette – lui aussi après de longues recherches – avait acquis cette même faculté.

Crombette illustre toutefois amplement les modalités de ses traductions en traduisant synoptiquement dans ses œuvres, mot par mot, en trois ou quatre langues, les hiéroglyphes égyptiens et les termes coptes, de sorte que ceux qui les étudieront, puissent les vérifier et contrôler les critères d’interprétation utilisés par lui et, si possible, les améliorer et les corriger.
En fait, il avait bien conscience d’avoir ouvert une voie que d’autres pourront suivre après lui.
Je sais que je vous ai intrigués, mais si quelqu’un de vous – ceux qui connaissent les langues orientales, et les égyptologues – voulait commencer à avoir quelque notion de base sur la méthode de déchiffrement de Crombette, il peut consulter ses différentes œuvres, celles se trouvant sur Internet, ou encore, la synthèse de sa « Méthode de traduction » illustrée dans son ouvrage, la « Révélation de la Révélation », et l’extrait «Champollion n’a pas lu les hiéroglyphes égyptiens» où il illustre les critères suivis lors du déchiffrement de l’égyptien par Champollion, au début du XIX’s, confrontés avec ses propres critères lui ayant permis une traduction plus précise.
Nous savons, en fait, - et je le répète, car la clarté n’est jamais de trop – que Crombette est un expert insigne de la discipline qui s’appelle « sémantique », et qui littérairement parlant est la discipline de la signification historique des mots et de la recherche systématique des variations et du développement du sens des vocables au cours des siècles et des millénaires.
En plus, ce grand connaisseur des langues antiques, est un grand exégète de la Bible.
Brièvement, - grâce à cette heureuse intuition qui lui avait fait entrevoir une origine « copte » pour le proto-hébraïque, Crombette a réussi à le purger des incrustations, des déformations et des évolutions linguistiques, découvrant – à la lumière des racines coptes – le sens original de l’hébreu, avec lequel avait été écrit le Pentateuque et plus particulièrement, la Genèse.
Il a donc réussi à reconnaître, dans les mots polysyllabiques de l’hébreu antique, les racines monosyllabiques du copte qui en étaient originalement à la base.
C’est certainement une technique qui requiert un grand travail de préparation, mais – qu’on me pardonne mon extrême simplification – c’est un peu comme rechercher l’étymologie des termes français en faisant apparaître ses racines grecques ou latines.

2.2 Avant la Création, Dieu pensa à la « forme » de l’Univers, imaginant dans sa pensée, un « projet » qu’il réalisa par la suite.

Le Secrétaire : Le premier verset de l’actuel texte de la Genèse – qui a été traduit de manière classique – se lit :

Au début, Dieu créa le ciel et la Terre

Il me semble que nous n’avons pas besoin de Crombette pour en comprendre le sens.
C’est très clair : Dieu, en premier a crée le ciel et la terre !
Finalement, cédons la parole à Crombette :

Fernand Crombette : Reprenons ce texte en caractères hébraïques et traduisons-le par le copte suivant la méthode que nous avons exposée plus haut. Le premier verset s'écrit  (Gen I, 1) :

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  Le Secrétaire: Je suis sur qu’après avoir vu l’exemple du rébus précédent vous aurez déjà tout traduit en un texte compréhensible et cordonné!
Comment? Vous dites que vous n’y avez rien compris ? Si toutefois vous me suivez, je vous montrerai que c’est plus facile qu’un rébus.
Crombette disposait d’un dictionnaire copte/latin.
En commençant la lecture du texte hébraïque de la droite vers la gauche, les mots ont été décomposés en leurs racines coptes. Quiconque serait spécialiste des langues anciennes et aurait envie de tenter l’entreprise et aurait aussi un bon dictionnaire copte/latin, peut donner le sens de chacune des racines.
Le sens – racine par racine, pour que ce soit facile aux non-spécialistes de suivre la méthode – a été traduit d’abord en latin, puis en Français par Combrette.
Il faut considérer que le copte est une langue monosyllabique comme l’étaient la plupart des langues antiques, et que l’ancien hébreu ne différait pas sensiblement du copte raison pour laquelle il pouvait être traité comme une langue monosyllabique, non flexionnelle.
Dans cette langue, chaque syllabe représente un ou plusieurs de nos mots.
Lorsque les syllabes se combinent en un mot polysyllabique, elles se juxtaposent sans se déformer, contrairement à ce qui se passe dans les langues flexionnelles. Les termes de relation, conjugaisons, prépositions ou autres ne sont pas utilisés.
Puisque ces syllabes sont des racines, elles représentent aussi bien un substantif qu’un adjectif, un verbe à l’infinitif ou au passé, sans changement de forme. Il faut reconnaître que l’hébreu a conservé la trace de cette disposition initiale.

Si – à la lumière de ces indications – vous considérez maintenant, dans les tables de traduction indiquées ci-dessus, la dernière ligne de chaque mot hébraïque dans ses racines coptes, vous verrez que le texte français est le suivant :

En premier lieu – Posé –  Forme – Exemple 
Parole – Faire – Par
Celui qui – Commencement – Faire – Chose – D’en haut (ou :D’en bas) – Imaginer
Systeme – Qui
Disposé – suspendre – Mouvement circulaire  - à  l’entour – Les Cieux
Qui suit – Systeme – Qui – Se maintenir – Sous   - Terre (ou : Hors de - soleil – Enlever) 

Si maintenant – toujours en demandant l’aide de votre ami expert des énigmes – vous reliez entre eux les mots à la suite, comme dans les exemples des rébus que je vous avais montrés précédemment, vous arriverez au texte coordonné.
Vous n’y arrivez pas? C’est déjà difficile de comprendre le Français…, il ne manquait plus que le copte ! Alors demandons l’aide de Crombette.

Crombette : Le texte coordonné devient :

«Ayant en premier lieu posé la Forme Exemplaire, Celui qui, au commencement, a imaginé de faire les choses d'en haut et celles d'en bas, fit, par la Parole, le système qui est disposé suspendu en mouvement circulaire à l'entour des cieux, ensuite le système qui se maintient dessous, la terre, enlevée hors du soleil.»

Le Secrétaire : Vous avez vu ? C’est simple, non ? Juste un peu de « coordination » !
C’est toujours comme ça les rébus…. Une fois que quelqu’un les a génialement résolus, nous les trouvons « simples ». Comme si c’était nous les génies.

Fernand Crombette: Le premier verset de la Genèse, ainsi restauré, apparaît d'une fécondité remarquable. Le mot initial de la Bible, Beréhschidjth, dûment analysé, n'a plus seulement le sens vulgaire de "commencement", sens déjà compris dans les deux premières syllabes, mais il nous indique la manière dont Dieu a procédé à la création : Il a d'abord posé la forme exemplaire, c'est-à-dire archétype.           
Comme la forme initiale est dite exemplaire, elle contient en puissance le principe et le modèle de toute la création.
C'est ce qu'affirme saint Jean dans le prologue de son Evangile : “ En avant de tout était le Verbe ... par Lui toutes choses ont été faites.” Et saint Paul le confirme en disant (Epître aux Colossiens, I, 15 et s.). “ Il est l'image du Dieu invisible et Il est né avant toutes les créatures, car tout a été créé par Lui dans le ciel et sur la terre, les choses visibles et invisibles, soit les Trônes, soit les Dominations, soit les Principautés, soit les Puissances ; tout a été créé par Lui et pour Lui ; et Il est avant tous, et toutes choses subsistent en Lui. Il est le chef du corps de l'Eglise. Il est les prémices et le premier-né d'entre les morts, afin qu'Il soit le premier en tout.»
Le second mot de la Bible, Bôraha comme nous l'avons décomposé, et non Bara, comme on l'écrit ordinairement, ne signifie pas tout uniment créer, terme qui demande d'ailleurs une définition pour être compris et qui a donné lieu à des discussions assez byzantines. En nous disant que Dieu a tout fait par la Parole, le mot, explicité, nous indique comment Dieu a procédé pour créer. Car la Parole est la pensée exprimée. Dieu a donc pensé le monde et, l'ayant pensé, Il l'a voulu. Il y a dans la création une double opération de Dieu : celle de son Intelligence et celle de sa Volonté. Or, on pense ou on ne pense pas, on veut ou on ne veut pas. Les opérations de l'intelligence et de la volonté étant contingentes et non nécessaires, la création, qui en est le produit, n'est pas Dieu.
Dès les premiers mots de la Bible, la question de l'athéisme se trouve posée. L'hypothèse d'un chaos primitif d'où serait sorti spontanément un monde ordonné, est aussi contradictoire que celle qui ferait naître l'être du néant. L'ordre des choses suppose une ordonnance préalable et une force réalisatrice ordonnée.
Le fonctionnement régulier de l'univers implique des lois, et donc un législateur.
Supposer l'existence de ces forces et de ces lois dans la nature elle-même serait attribuer à la nature non seulement le principe de l'ordre, de l'harmonie, de la finalité, mais encore une infinité de principes d'ordres, d'harmonies, de finalités. Car, pourquoi une même matière initiale, par exemple, se répartirait-elle spontanément en une multitude d'objets de formes, de développements, de destinations diverses ? Ce qui existe suppose des forces ordonnées et non aveugles.
Au surplus le passage spontané d'une espèce à une autre n'ayant jamais été constaté et les expériences de laboratoire (expériences qui supposent déjà une intelligence humaine directrice, et non le hasard) n'ayant jamais pu réaliser jusqu'ici la transition d'une espèce véritable à une autre, il faut en venir à une force intelligente préexistante ayant réalisé par étapes ce qui existe, c'est-à-dire à Dieu.
D'autre part, malgré l'ordre incontestable qui y règne, la nature n'est pas sans présenter des traces de troubles profonds contraires à la marche habituelle des phénomènes ordinaires, comme, par exemple, la division de la terre en continents, îles et bancs dispersés alors que tout indique qu'ils ont été autrefois réunis. Or, qui a pu troubler à ce point l'ordre de la nature, sinon Celui-là même qui avait été assez puissant pour l'établir ? Ce n'a pu être la nature elle-même qui, spontanément, ne pouvait que suivre l'impulsion première dont elle a été animée. Il y a donc dans la nature des manifestations d'une volonté indépendante d'elle et qui la domine, donc la preuve de l'existence d'un Dieu créateur, et non un fatal déterminisme.
Le troisième mot de la Genèse est le Nom de Dieu considéré comme Créateur : Ehèlohîdjm, Celui qui, au commencement a imaginé de faire les choses d'en haut et celles d'en bas. Ainsi la finale Djm, considérée comme un singulier et non un pluriel, confirme ce que nous venons de dire concernant le rôle de l'intelligence de Dieu dans la création puisque jem = Djem signifie imaginer. Quant aux choses d'en haut et à celles d'en bas que Dieu a faites on pensera immédiatement au ciel et à la terre, cités ensuite, mais ces choses sont d'abord, d'une manière générale, les spirituelles et les matérielles, en d'autres termes, l'esprit et la matière.

Le mot hébreu i que l'on a traduit par "ciel", Haschschômadjim, dit en réalité : le système qui est disposé suspendu en mouvement circulaire à l'entour des cieux. Maintenant, nous saisissons mieux ce de quoi il s'agit ici : c'est de l'anneau galactique comprenant toutes les étoiles et même les nébuleuses. Car, pour Moïse, il n'y a pas, comme on le prétend aujourd'hui, en astronomie, autant d'univers galactiques qu'il y a de nébuleuses spirales, comparaison qui cloche par la base puisque la Voie Lactée a sa matière disséminée à la périphérie et qu'elle est pratiquement vide au centre, tandis que, dans les nébuleuses spirales, la matière, extrêmement condensée au centre, est très ténue aux extrémités. L'hypothèse des univers multiples n'est, en réalité, qu’une brillante bulle de savon.
Cependant, à l'origine, la matière de la Voie Lactée n'était pas encore lumineuse. Mais, chose extrêmement importante, Moïse nous dit comment la Galaxie pouvait rester suspendue dans l'espace supérieure (les cieux) : c'est en étant animée d'un mouvement circulaire. Ce n'est pas tant, remarquons-le bien, en tournant sur eux-mêmes que les astres, qui n'étaient peut-être pas encore individualisés, se maintenaient dans l'espace, mais en tournant en bloc autour des cieux.
On nous arrêtera sans doute en objectant que les étoiles sont dites fixes et que, dès lors, elles ne doivent pas être animées du mouvement de révolution que nous indiquons. Nous avons montré ce qu'il en était dans le premier volume de GALILEE AVAIT-IL TORT OU RAISON ?1 ; mentionnons seulement ici ce que dit Pierre Rousseau2 : Peut-on imaginer un seul instant, se sont dit les astronomes, qu'un tel ensemble (la Galaxie) soit immobile ? Supposons que les planètes s'arrêtent de tourner autour du soleil : elles se précipiteront aussitôt sur lui. La révolution des planètes est la condition obligatoire de la stabilité du système solaire.” Ce qui est vrai pour les planètes l'est également pour les étoiles. La conclusion qui s'impose au point de vue mécanique, est que la Voie Lactée tourne en bloc pour ne pas tomber. Les astronomes s'en sont aujourd'hui plus ou moins rendus compte sans avoir déterminé sûrement d'ailleurs le sens et la vitesse de ce mouvement dont ils ne font pas état dans leurs calculs. C'est ainsi que Kapteyn, de Groningue, a déterminé dans la Voie Lactée un double mouvement général de ses étoiles réparties en deux groupes se dirigeant vers des points opposés3, ce qui, faisons le remarquer, s'expliquerait simplement par un mouvement tournant de la Galaxie. Or, c'est ce que Moïse disait déjà il y a plus de 3000 ans et que l'on n'a pas compris : la Galaxie est un système tournant.
Ensuite, Dieu fit, sous la Voie Lactée, le système de la terre enlevée au soleil.

 

1. Dieu au commencement créa les choses d’en-haut et celles d’en-bas … et aussi un « système tournant ».

Le Secrétaire : Je suis sur que Crombette procédera après à une dissertation scientifique sur la traduction effectuée, mais, pour plus de clarté, je voudrais faire la synthèse de ce qu’il a traduit et expliqué jusqu’ici.
Le texte hébraïque – selon les racines coptes – ne se limite pas à dire que Dieu créa « le ciel et la terre » mais que Dieu (Ehélohidjm) – terme dont les racines coptes signifient : « Celui qui au commencement a imaginé de faire les choses d’en-haut et d’en-bas » (c’est-à-dire la création spirituelle et matérielle) avant de créer, avait pensé à la forme de la future Création, c’est-à-dire à un projet complexe, comme ferait un architecte avant de mettre la main à la construction d’une maison, et puis avait prévu sa réalisation.
Au centre de cette « forme exemplaire » allait être le Jésus futur, le Verbe qui allait s’incarner dans une chair humaine, comme il semble qu’on puisse le comprendre du Prologue de l’Evangile de Saint Jean, cité par Crombette et de l’Epître de Saint Paul aux Colossiens.
Cette « forme exemplaire » est cependant un argument théologique trop profond qui – même s’il est lié à la centralité de la Terre dans l’Univers – contient la notion de ce qu’on appelle la Christocentrisme ; nous aurons l’occasion d’en reparler.
La décomposition copte du mot hébraïque Ehélohidjm (E He L O Hi Djm), terme bien connu des spécialistes bibliques, qualifie bien l’identité de Dieu : « Celui qui, au commencement a imaginé de faire les choses d’en-haut et les choses d’en-bas ».
Selon Crombette, le projet dans son entier – dépassant le « ciel et la terre » - aurait embrassé une création plus générale, une création « spirituelle » et une « matérielle », au sens large.
Les premiers rédacteurs, puis les traducteurs de l’antiquité, bien qu’étant hébreux, ne comprirent en fait donc pas complètement leur langue maternelle (monosyllabique à l’origine et utilisant pour des raisons historiques les racines coptes) ; ce n’était donc pas encore l’hébreu tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Il en est de même pour le français, si nous ne connaissons pas bien le latin et le grec.
Ils auraient donc simplifié l’idée – seulement vaguement comprise, peut-être à cause de son côté éminement scientifique – et auraient traduit en hébreu classique l’équivalent de « choses d’en-haut » par le terme « ciel » (par agglutination des racines), et les choses « d’en-bas » par le terme « terre », ce que nous lisons en Français : « Dieu créa le Ciel et la Terre ».
Crombette « complète » et écrit que Dieu – ce qui veut dire : Celui qui depuis le commencement a imaginé de faire les « choses d’en-haut » (c’est-à-dire les esprits angéliques et les âmes des hommes) et les « choses d’en-bas » (c’est-à-dire la création matérielle : les galaxies, les étoiles, la Terre et les êtres vivants, les végétaux et les animaux, y compris l’homme pour ce qui tient à la partie « animale » de sa nature) allait d’abord créer un système disposé en l’air, en mouvement circulaire autour des cieux.
De ce que dit Crombette – dont les explications scientifiques ne semblent pas toujours évidentes à une personne de culture moyenne - il me semble qu’on peut interpréter ce ‘système’ comme un amas de galaxies qui à leur tour comprennent chacune des milliards d’étoiles, gaz et poussières reliées entre elles par des forces de nature gravitationnelle et tournant sur orbite autour d’un centre commun.
Le système solaire fait partie de notre galaxie, la Voie Lactée , laquelle, à son tour, n’est que l’une de tant d’autres galaxies et nébuleuses qui font partie du susdit « système ».
Il existe des galaxies de forme elliptique, en spirale, en forme de disque.
Une chose est très importante et qu’il faut bien garder à l’esprit, c’est que cette masse tournante d’étoiles – parmi lesquelles notre soleil – n’avaient pas encore été rendues lumineuses.
Le soleil et les étoiles – même existant comme « matière ténébreuse » dans le firmamemt du début – deviendront soleil et étoiles proprement dits ( cad. astres lumineux) au quatrième jour de la Création seulement, quand leur matière constitutive sera portée par Dieu à l’incandescence.

En second lieu, Dieu fit la Terre, mais – attention – Il la fit en la tirant du soleil, et pourtant pas du soleil lumineux que nous connaissons aujourd’hui, mais de cette masse de matière opaque dont le soleil faisait partie au commencement : la Terre serait donc sortie du soleil.
La première question qui vient à l’esprit est donc celle-ci : s’il existe tout cet énorme « système tournant » - dont fait partie la Terre et le soleil avec le reste du système solaire -  autour de quoi tourne tout cela ?



1 Cahiers du Ceshe - réf. 2.33.

2 De l'atome à l'étoile ; Presses universitaires de France, Paris, 1941, p. 105.

3 NORDMANN - Le royaume des cieux ; Hachette, Paris, 1923, p. 138.